AFSP / Appel à communications Colloque à Tunis sur les partis politiques Avril 2011

Publicado el 17 de noviembre de 2010 a las 00h. y 00m. por Charo Llera en General

FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES, POLITIQUES ET SOCIALES DE TUNIS           
 COLLOQUE INTERNATIONAL DU DEPARTEMENT DE DROIT PUBLIC ET DE SCIENCE POLITIQUE  (6-7 et 8 AVRIL 2011) A TUNIS
L’EVOLUTION DES  PARTIS POLITIQUES DANS LES SOCIETES CONTEMPORAINES (du Nord et du Sud)

ARGUMENTAIRE
On ne conçoit pas aujourd’hui un système démocratique ou même peu démocratique, une compétition électorale  quelconque, des candidatures aux législatives, présidentielles ou municipales, un jeu politique et un débat public sans les partis politiques. Les partis sont supposés être le moteur et la voie structurante de la vie politique moderne. Et il en va ainsi depuis un siècle et demi environ. Pourtant, l’évolution des sociétés et des systèmes politiques contemporains, démocratiques ou peu démocratiques, témoigne, pour des raisons un peu  différentes, de l’évolution des partis politiques. Une évolution allant, pour certains, dans le sens du déclin des partis dans l’exercice de leurs fonctions traditionnelles, un déclin confirmé par la désaffection  du politique en général dans la plupart des sociétés, du Nord ou du Sud. Une évolution allant, pour d’autres, plutôt dans le sens du repositionnement politique des partis au gré des mutations récentes.
 Le déclin des partis est un point incontestable. Déclin comme force de mobilisation et d’agrégation des intérêts, déclin de leur légitimité en tant qu’acteurs politiques majeurs, déclin encore en tant que propagateurs de conceptions et d’idéologies politiques ayant perdu elles-mêmes l’éclat de jadis.
Il y a en effet une sorte de divorce entre les partis politiques et les citoyens. Divorce d’abord en rapport avec le processus électoral. Les partis doivent en principe contribuer à l’encadrement, à la mobilisation des citoyens et à la structuration de leur opinion et de leur vote. Toutefois, l’affaiblissement du nombre d’adhérents  aux partis, la diminution du taux d’inscription sur les listes électorales, le déclin de la participation électorale, la poussée de l’abstention, tant dans les pays démocratiques  développés que dans les pays peu ou semi-démocratiques, est une réalité incontestable, attestant du rejet des partis.  
Divorce ensuite  en rapport  avec leur mode de fonctionnement : suspicion sur leurs modalités de financement, affaires de corruption, déficits démocratiques, en ce que les partis ont toujours du mal à représenter certains groupes sociaux plus ou moins marginaux, tels que les femmes, les jeunes, les ouvriers, les chômeurs, les immigrés, les sans abris, les homosexuels, les écologistes.
Divorce encore en rapport avec le renouvellement et la diversification des modes et des procédures de participation politique. Il s’agit d’actions directes, de débats, de consultations, de réunions publiques, souvent médiatisés, favorisés par l’essor des associations, des ONG, d’internet, mettant face à face citoyens, gouvernants, experts, représentants du marché, et tendant à éviter la médiation des partis politiques et des circuits représentatifs habituels.
Mais les partis demeurent malgré tout, d’après un autre courant, des acteurs incontournables dans la vie politique. L’encadrement des citoyens par les partis lors des échéances électorales est d’autant plus remarquable qu’il tend encore à marginaliser les candidats indépendants, peu structurés, livrés à eux-mêmes, et à leur faire perdre toute influence sur le processus électoral. Les partis restent encore des machines détenant le monopole de la sélection des candidats et de leur propulsion sur la scène politique. Seuls ils sont en mesure d’encadrer les élus à l’intérieur de l’enceinte parlementaire. Seuls  encore ils peuvent être considérés comme des structures de militantisme politique professionnel. Par ailleurs, dans les pays autoritaires ou en voie de démocratisation, le parti au pouvoir, souvent hégémonique, est un outil  irremplaçable de contrôle politique et de quadrillage social, et les partis d’opposition restent à leur tour des moyens nécessaires à toute avancée politique.
Dans tous les cas, et même s’ils ont moins d’impact qu’autrefois sur l’opinion, les partis restent les principaux faiseurs de politique. Ils tentent aujourd’hui de s’adapter tant bien que mal aux mutations socio-politiques,  comme l’indiquent les partis britanniques à la suite des élections législatives de mai 2010, de faire un travail de proximité, de s’allier avec les associations, les ONG et les entreprises, en développant un nouveau type de clientélisme, de participer à des débats politiques moins  professionnalisés, portant moins sur la politique générale, que sur des politiques spécifiques, sectorielles, plus pragmatiques, conformes aux vœux des citoyens et des groupes sociaux, en n’omettant pas de miser sur cet incontournable outil moderne de débat qu’est devenu internet. En un mot, ils cherchent à communiquer autrement et à s’adapter à toutes ces mutations en vue de se repositionner sur la scène politique.
Comment se situe alors l’évolution des partis politiques aujourd’hui ? Va-t-elle dans le sens du déclin ou dans le sens d’un repositionnement leur permettant de mieux rebondir politiquement ? Ou va-t-elle encore dans toute autre direction ? Où se situe la réalité partisane ? Nécessaires ou inutiles, quelle est la véritable place des partis politiques sur la scène politique d’aujourd’hui ? C’est à ces grandes interrogations que tenteront de répondre et d’en débattre les différents intervenants réunis dans ce colloque, à partir de leurs expériences nationales et de leur culture politique.

LES AXES DU COLLOQUE
Rapport introductif : Evolution générale des partis politiques
1)   Evolution de la perception de la légitimité des partis.
-Partis et déclin du politique
-Divorce entre les partis et les citoyens
-Caractère incontournable du fait partisan
-Partis politiques et tradition islamique
-Partis, érosion idéologique et consensus démocratico- libéral  
2)   Niveaux d’encadrement et de mobilisation des partis.
-Désaffection des militants, baisse des adhésions
-Les partis de masses ont-ils encore un sens ?
-Partis et abstention électorale
- Apathie sociale, mobilisation de masse et gonflement des taux de participation dans les PVD
-Montée des votes protestataires ou « hors système » dans les démocraties
-Difficulté de représentation des groupes marginaux                                     
3)   Evolution des partis comme acteurs politiques .
-Influence des partis au pouvoir dans les pays arabes
- Difficulté de décollage des partis d’opposition dans  les PVD                       
-Financement des partis et corruption
-Personnalisation et surmédiatisation des dirigeants des partis
-Essor des partis ethniques
-Spécificité des partis dans l’Union européenne
4)   Partis et renouvellement de la participation politique .
-Déclin du Parlement comme lieu de débat entre les partis
-Déclin des partis et formes non conventionnelles de participation  politique
-Déclin des partis et essor associatif
-Partis, quête de l’opinion et dialogue sur internet
5)   Repositionnement des partis face aux mutations socio-politiques.
-Transformation des pratiques  et des stratégies partisanes : le cas anglais
-Apparition du discours pragmatique, proche des citoyens              
 -Partis, réseaux et clientélisme associatif
-Revalorisation de la mobilisation des jeunes  
-Nouvelles techniques de mobilisation dans les campagnes électorales

Département de droit public et de science politique à la Faculté des Sciences juridiques, Politiques et Sociales de Tunis, avec le soutien de la Fondation allemande Hanns Seidel et de l'Ambassade de France, Prise en charge totale des invités (billet d'avion, hébergement à l'hôtel).

Nous souhaiterions contacter à partir de notre réseau associatif et professionnel de l'AFSP des professeurs intéressés par ce colloque. Notre objectif serait d'inviter trois professeurs de science politique français et trois autres professeurs européens dont un britannique, de préférence spécialistes de la question des partis politiques. Les professeurs intéressés peuvent me contacter directement dès maintenant : hat.mrad@gmail.com